EurActiv - Letters to the Editor

Sir,

J’ai lu avec intérêt l’interview avec Mr. Andreas Geiger, lobbyste pour le gouvernement bulgare. Il affirme avoir accès à la correspondance entre la Commission Européenne et le gouvernement bulgare sur les sujets de la lutte contre la corruption et la fraude avec les fonds européens. Il estime qu’il y a un problème de communication entre le gouvernement bulgare et la Commission:

“There has been a lack of communication between the Bulgarian administration and the European Commission. If you look at this correspondence, you see that in some cases, one did not understand the other. Many of the problems which finally culminated are due to just that, because the Commission thought that officials in Bulgaria did not want to do what we expected them to do, and the Bulgarians thought the European Commission was treating them unfairly.”

Mr. Andreas pense que les problèmes de la Bulgarie sont surexposés et le pays est injustement et défavorablement traité par rapport à la Roumanie voisine qui connaît aussi des problèmes de corruption.

Or, un des problèmes de la Bulgarie que la Roumanie ne connaît pas est le crime organisé et ses relations avec les hauts sphères du pouvoir. Et quand le crime organisé se mêle du pouvoir on a la Mafia et non plus du simple crime organisé.

Mr. Andreas n’en dit pas un mot, mais c’est un sujet régulièrement soulevé par les expert européens et figure dans le dernier rapport de la Commission sur la Bulgarie. Les responsables bulgares n’aiment pas le mot Mafia non plus. Ils parlent timidement de “groupes criminelles organisés” et on annonce régulièrement leur destruction définitive. Jusqu’au prochain rapport européen qui redit que rien n’est fait et qu’on attend des procès et des condamnations contre les “gros requins” et non pas contre les petits “poissons pilotes”.

Vous n’ignorez pas non plus que la situation avec la liberté fondamentale de la parole et de la presse c’est fortement dégradée dans le pays depuis l’adhésion à l’Union Européenne. Récemment un journaliste a été battu avec des marteaux pour avoir mené des enquêtes sur la corruption et le crime organisé. La pression des mafieux sur les journalistes est constante dans le pays et la situation empire.

La cabinet d’avocats Alber & Geiger de Bruxelles travaille pour le compte du gouvernement bulgare et du contribuable bulgare. Je me pose la question à qui profite son travail? Est-ce qu’il profite aux contribuables et aux citoyens qui subissent l’insécurité et l’humiliation d’habiter un pays gangrené par la mafia? Est-ce qu’il profite aux agriculteurs qui ne toucheront pas des subventions à cause du grand nombre de fraudeurs qui sponsorisent les politiques, comme l’a bien démontré OLAF? Est-ce que la Bulgarie saura résoudre mieux ces problèmes sur le terrain si les eurocrates dans leur bureaux confortables à Bruxelles commencent à fermer l’oeil au lieu d’exiger fermement des actions et des résultats?

Il me semble juste et nécessaire que la Commission Européenne réagisse à cet interview pour affirmer et justifier son jugement de la situation en Bulgarie exposé dans le dernier rapport.

En outre, il est impératif que toute la correspondance entre les institutions européennes et le gouvernement bulgare soit rendue publique. Dans le cas contraire nous sommes en présence d’un conflit d’intérêt manifeste. Le gouvernement bulgare paye une agence et lui fournit toute la correspondance afin qu’elle enjolive son image auprès de l’Europe. En même temps les ONG et les citoyens qui oeuvrent pour des changements véritables n’y ont pas l’accès et les institutions bulgares refusent systématiquement de fournir à la presse des détails sur les échanges avec Bruxelles.

Publier cette correspondance (passée et future) sera un effort de transparence et va permettre à chaque contribuable d’évaluer la compétence, la capacité et les intentions des fonctionnaires et des politiques bulgares qui ont toléré la corruption, la fraude et la mafia jusqu’à faire de la Bulgarie le pays le plus corrompu de l’Europe selon le classement de “Transparency International” et le pays où la liberté de la presse est la plus menacée, selon le classement annuel de “Reporters sans frontières”.

Permettez-moi d’affirmer que si la Commission n’agit pas de manière ferme et transparente avec le gouvernement bulgare, la donne ne changera pas, malgré les efforts d’éditorialistes respectables et de lobbystes richement payés pour assurer l’opinion publique européenne que le diable de la mafia et de la corruption en Bulgarie ( le fameux “croque-mitaine”) n’est pas si noir que ça.

Si, il est très noir et méchant et le citoyen bulgare est le premier à en souffrir. Le “croque-mitaine” a des relations confortables et profitables au sein du gouvernement, celui qui paye le lobby bruxellois. Ca aussi les citoyens le voient, d’où leur appréciation pour le gouvernement qui jouit de 8% de confiance dans les sondages. Moins que l’inflation annuelle dans le pays.

Salutations distinguées,

Atanas Tchobanov
éditeur du journal bulgarophone Parijki Vesti www.parisvesti.com
secrétaire de Union des Bulgares à l’Etranger “Avenir” www.budeshte.org
Lobbyiste volontaire antigouvernemental enregistré dans le registre européen

+33 6 32 69 11 28

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Comments

  1. Toutes mes excuses à Monsieur Geiger de l’avoir nommé par son prénom à deux reprises. C’est une erreur due à la vitesse qui n’a rien d’intentionnel et je prie la rédaction d’Euractiv de la corriger dans le texte.
    Salutations,
    Atanas Tchobanov

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